Prière universelle et méditation pour le dimanche 15 novembre

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Prière universelle Proposée par un paroissien pour ce dimanche.

  1. Pour l’Eglise qui a reçu la mission de se donner à tous les hommes, invoquons la sagesse de Dieu afin qu’elle agisse avec une charité inventive. Ensemble prions.
  2. Pour les épouses et les mères de famille du monde afin que leur dévouement au service de leur foyer, soit reconnu et suscite gratitude et collaboration. Ensemble prions.
  3. Pour tous les acteurs bénévoles des associations caritatives, afin que la charité du Christ les fortifie dans leur service auprès des plus pauvres. Ensemble prions.
  4. Pour que tous les jeunes discernent avec bonheur, les talents qui leur sont confiés et puissent avancer sereinement dans la voie qui leur permettra de s’épanouir au service de tous. Ensemble prions.

Méditation Méditation à partir de l’évangile de ce dimanche (la parabole des talents) proposée par le Père Bruno de Belloy.

Chers Amis,

Allons droit au but : nous espérions, vous espériez peut-être, comme le dit Mgr de Moulins-Beaufort dans son discours de clôture de l’Assemblée des Évêques, que les célébrations publiques de la messe pourraient reprendre, en espérant aussi l’accalmie et la fin de l’épidémie.

« Nous sommes déçus sans doute. Le juge (des référés), ce qui est important, a rappelé avec force que la liberté de culte était une liberté fondamentale, qu’elle ne s’exerçait pas seulement individuellement mais aussi par des célébrations publiques. … Nous, évêques, partageons la tristesse des fidèles, privés non seulement de la messe mais, pour certains, de la célébration d’une étape de leur initiation chrétienne ou de leur mariage… ». Et pourtant le Seigneur continue de nous parler par la liturgie de ce dimanche… N’est-il pas frappant de lire et d’entendre ces paroles dans la deuxième lecture de la lettre aux Thessaloniciens : « Quand les gens diront : « Quelle paix ! quelle tranquillité ! », c’est alors que, tout à coup, la catastrophe s’abattra sur eux, comme les douleurs sur la femme enceinte : ils ne pourront pas y échapper. »

Vous le savez, la Parole de Dieu a le sens du paradoxe. Et c’est bien le cas en ce dimanche. Le psaume réitère la promesse de Dieu de rendre tout homme participant de son bonheur : « Voilà comment sera béni, l’homme qui craint le Seigneur. De Sion que le Seigneur te bénisse ! Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie. »

Cette promesse s’accomplira, mais tout en passant par bien des épreuves. C’est même la caractéristique du disciple : « Vous, vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes épreuves1 . » « Bien-aimés, ne soyez pas surpris, comme d’une chose étrange qui vous arrive, de la fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver. Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances de Christ, afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l’allégresse lorsque sa gloire apparaîtra2 .… »

Savoir que dans la foi, la paix cohabite avec la souffrance est une chose, le vivre, quand on semble assailli par l’insécurité, en est une autre. De fait, la foi est une relation, dans laquelle le Chrétien est saisi, et il se laisse saisir, et plus encore c’est une expérience au-delà de l’expérience sensible, et sans doute est-ce pour cette raison que nous sommes démunis, lorsque toute notre vie a été fondée, même légitiment, sur la réussite immédiate, sur les aspects sensibles de l’existence, et que le danger menace. Il est temps de se souvenir que créatures raisonnables, nous existons pour le ciel.

En quoi la parabole des talents parle-t-elle du ciel ? On la réduit souvent à un messianisme temporel en la considérant sous l’angle de la fructification de ses talents considérés comme qualités humaines.

Mais en définitive… ne s’agit-il pas encore comme dimanche dernier, en ces semaines qui précèdent la fête du Christ Roi, de la fin de cette vie et de l’inauguration d’une autre vie… ? le Maître est parti (connaître sa Gloire) et il reviendra (à la fin des temps)… et quand il revient, c’est le bilan…on doit rendre compte de la mission confiée. Pour les uns, tout est positif, ils ont exercé fidèlement leur responsabilité… pour le dernier, il en va tout autrement… il n’a rien fait pour honorer sa mission en faisant fructifier le don reçu…et même a-t-il seulement commencé, ou s’est-il lassé… même pas… ! les deux précédents ont vécu l’absence du maître en relation avec son retour… longtemps après… et c’est dans ce long temps, que l’on mesure toute la patience, le courage, l’espérance, peut-être le combat contre la tentation de lassitude, d’amertume…mais non, ils sont au rendez-vous…

Le Pape François dit bien : « Sur ce chemin (de la vie chrétienne), le progrès du bien, la maturation spirituelle et la croissance de l’amour sont les meilleurs contrepoids au mal. Personne ne résiste s’il reste au point mort, s’il se contente de peu, s’il cesse de rêver de faire au Seigneur un don de soi plus généreux. Encore moins, s’il tombe dans un esprit de défaite, car « celui qui commence sans confiance a perdu d’avance la moitié de la bataille et enfouit ses talents […] ». Gaudete et Exsultate L’appel à la Sainteté dans le monde actuel & 163.

Ce serviteur n’a pas été seulement paresseux, en oubliant volontairement et en cachant à ses propres yeux ce qui lui avait été confié, son talent dont il ignore la nature, en fait sans doute la grâce divine ? en plus, il dédaigne l’autorité de son maître, l’accusant d’être injuste. Il s’enferme dans son refus.

Qu’y a-t-il de commun entre ces serviteurs ? Ne serait-ce pas la relation de confiance du Maître à leur égard : le verbe confier revient cinq fois. Elle est la même pour chacun, le Maître tient compte de leurs capacités, il n’y a pas de différence, sinon dans la forme. Mais c’est leur réponse qui est différente. Les deux premiers sont relatifs à la personne de leur Maître, dans leur cœur et leur intelligence. Le troisième est autocentré, autoréférencé. Il ne s’ouvre pas à un mystère qui le dépasse. Il en a peur et il se terre…il est prisonnier de lui-même, de son orgueil, de son autosuffisance.

Pendant ces semaines de plus grande solitude, d’isolement, où le repli sur soi nous guette, comment demeurer dans l’abandon à Dieu, en goûtant sa présence, en croyant en la vie reçue ? certains soirs, lorsque l’acédie, cette bête tapie, nous menace et s’apprête à dévorer nos énergies… et que nous sommes inquiets ou bien lorsqu’elle nous fait nous détourner de la prière solitaire, (de fait, il est plus difficile de prier sans le soutien d’une communauté, les chants, les signes, les paroles, la ferveur… !)… comment prendre le parti de la fructification de notre vie de foi, dans ce dépouillement, alors qu’apparemment le Maître tarde, et qu’il reviendra, qui le sait, longtemps après…. ? mais ce temps est toujours celui de l’Église, donc de l’espérance, je crois en l’église visible et invisible. Je crois en un seul Dieu, le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible, Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles : Il est Dieu, né de Dieu, Je crois en l’Eglise, une, sainte, catholique et apostolique. Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés. J’attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir.

Au lieu de redouter le jugement du Maître, pourquoi ne pas entrer tout de suite dans sa joie, pour la vivre en espérance… (la communion de désir si importante est aussi accroissement du désir et éducation à la présence sacrée de l’Eucharistie), qui est déjà une ancre jetée au ciel… ! En ces temps, ne faut-il pas poser beaucoup d’actes de foi et d’espérance, tout en exerçant une veille de charité particulièrement fervente… ? ce que le Maître attend n’est-ce pas la croissance de notre charité, pour que le désert refleurisse à nouveau des dons de son Amour… ? et non pas en premier de nos productions limitées, car de fait, ici, qui la trouvera la femme parfaite qui pourrait prétendre pas ses efforts humains faire advenir le bonheur sur terre… mais non c’est impossible…

Le secret pour vaincre est de se réjouir de la joie du Maître et d’entendre déjà son appel : « entre dans la joie de ton maître », autrement dit quitte la joie du monde, ta propre joie, et choisis la joie de ton Seigneur. La première vient de l’opulence terrestre, e(t elle peut tromper) ; la seconde, d’une bonne conscience, (et elle est fragile) ; la troisième se réalise dans l’expérience de l’éternité. Ne sors donc pas, pour aller vers la joie du siècle ; ne reste pas confiné dans ta joie ; mais entre dans la joie de ton Seigneur. » Hugues de Saint Victor, Miscellanea, VI (PL 177, 808). La première joie est pauvre et chétive, la seconde est le centuple, et la troisième est la vie éternelle. « Celui qui renonce à tout ce qu’il possède, recevra le centuple et possédera la vie éternelle. »

Mgr de Moulins-Beaufort montre bien le but de la sainte messe : « Certes, le vrai culte, le véritable sacrifice, est le sacrifice spirituel, par lequel chacun fait de tout lui-même une offrande à la gloire du Père (Rm12, 1). L’Apôtre Paul écrit : « Offrez votre corps en sacrifice spirituel, capable de plaire à Dieu ». Le corps, ici, désigne le tout de l’être humain, celui qui agit grâce à ses membres, celui qui imprime sa marque en ce monde, dans le cosmos, en y introduisant une intention. La moindre de nos actions peut ainsi devenir un acte « pour la gloire de Dieu et le salut du monde » (Missel romain, dialogue de l’offertoire). Tout le culte liturgique, toute la vie sacramentelle, sont orientés à cette fin. Mais nous savons, nous chrétiens, nous catholiques, que pour vivre ainsi, pour vivre à ce niveau-là, pour être selon ce que dit Jésus des « adorateurs en esprit et vérité », nous avons besoin de Lui, Jésus, le Fils du Père, le seul vrai adorateur, qui nous prend en lui malgré nos péchés, malgré les scléroses et les ambiguïtés de nos libertés. »

L’évangile ne se termine pas sur une note très optimiste : « A celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance. Mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a ». Et ce sont des pleurs.

En fait, le talent qui nous est confié, n’est-ce pas la promesse du Bonheur, (même si des interprétations de ces talents ont pu y faire voir d’autres significations, comme chez Saint Grégoire le Grand : « Les cinq talents figurent le don des cinq sens, c’est-à-dire la science des choses extérieures. Les deux talents, eux, désignent la faculté de comprendre et celle d’agir. Quant au talent unique, il désigne la seule faculté de comprendre3 . » Cette promesse du bonheur n’est-elle pas signe de l’action de Dieu et la certitude qu’Il n’abandonne jamais son œuvre et son projet… ? Deus non deserat primus, seu nisi deseratur4 . Le talent figurerait l’élection divine : vous avez été choisis, répondez en travaillant à l’œuvre de Dieu, par votre charité et vos mérites…mais c’est aussi la consolation pour aujourd’hui… Dieu est. Tenez bon. Ne vous laissez pas abattre. Soyez centré sur le Christ. Dieu est avec nous jusqu’à la fin des temps. Dieu est le Consolateur. Demandons la grâce de goûter sa consolation au plus profond de l’âme, avec les personnes qui souffrent et pour elles.

Frère Bruno de Belloy

1 Lc 22, 28.

2 1 épitre de saint Pierre 4, 12.

Prière à Jésus crucifié

Cette prière est proposée dans l’église San Marcello al Corso à Rome, devant le « Crucifix miraculeux ».

C’est ce crucifix en bois, vénéré depuis le XIVème siècle, qui a été transporté sur la place Saint-Pierre le 27 mars dernier, pour la mémorable veillée de prière avec le saint-père pour la fin de l’épidémie.

En 1519, l église San Marcello fut entièrement détruite par un incendie, mais ce crucifix fut retrouvé intact. En 1522, lors de la terrible peste qui secoue Rome et fait craindre la mort de tous les Romains, le crucifix est porté en procession pendant plusieurs jours, le temps de parcourir toute la ville. Lorsqu’il est déposé dans la basilique Saint-Pierre, la peste décroît puis s’éteint.

Voici cette prière, qui s’adresse à Jésus et non à un objet. On peut prier ainsi chez soi ou dans l’église, devant un crucifix ou devant le tabernacle. On peut prier à la première personne, tout en étant uni à ceux qui souffrent d’une manière ou d’une autre.

« Me voici à genoux, à tes pieds, Jésus crucifié, pour t’adorer et te remercier, parce que tu as donné ta vie pour moi.

Tu as séché mes larmes, tu es mon soutien aux moments difficiles, tu écoutes mes cris de désespoir et tu accueilles, avec la tienne, ma souffrance. T

u connais les pensées de mon cœur fatigué, mais heureux de t’aimer, et tu m’aides à passer au travers des difficultés de la vie.

Souvent je ne pense pas à ta souffrance et je viens te présenter la mienne ; tu étends ta main sur moi et tu me consoles, tu soignes mes blessures par ton amour ; tu me prends dans tes bras et tu me fais sentir ton cœur brûlant d’amour pour moi.

Encore une fois, je viens frapper à la porte de ton cœur et je te demande une grâce… exauce ma prière, Seigneur, si ce que je demande est conforme à ta volonté.

Jésus crucifié, près de toi il y a aussi ta Mère ; accueille ceux qui souffrent et soyez pour eux consolation et espérance. »