Prière universelle et méditation pour le 22 novembre

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Prière universelle proposée par un paroissien pour ce dimanche (Le Christ Roi de l’Univers – Année A)

Plein de confiance envers le Christ, Roi de l’univers qui nous accompagne sur cette terre, nous t’adressons toutes nos prières pour nos frères et sœurs dans ce monde. 

1. Pour ceux qui ont faim, et ceux que tu appelles à venir en aide… Seigneur, Roi de l’univers, nous te prions. 

2. Pour ceux qui sont étrangers, et ceux que tu appelles à les accueillir… Seigneur, Roi de l’univers, nous te prions. 

3. Pour tous ceux qui sont nus, et ceux que tu appelles à les vêtir… Seigneur, Roi de l’univers, nous te prions. 

4. Pour ceux qui sont malades, et ceux que tu appelles à les soigner… Seigneur, Roi de l’univers, nous te prions.

Intention missionnaire du mois de novembre pour tout le diocèse

En France et ailleurs dans le monde, des chrétiens continuent d’être victimes d’actes d’intolérance. Que le Seigneur nous accorde la force du pardon et anime tous les hommes de bonne volonté d’un amour profond afin de pouvoir continuer à vivre harmonieusement ensemble.

Intention spéciale pour les religieux et religieuses

Ce 21 novembre est la fête de la présentation de la Vierge Marie au temple, modèle de la vie consacrée. Nous te prions, Seigneur, pour tous ceux et celles qui ont fait de leur vie une réponse plus entière à l’appel de l’Évangile, en se liant à toi par les vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Nous te confions particulièrement les communautés de notre diocèse dont certaines sont très touchées par la pandémie, notamment à l’abbaye de Saint-Wandrille. 

Donne-leur la force et la consolation dont ils ont besoin, nous t’en prions.

Méditation (Père Robert de Prémare)

Chers frères et soeurs, 

l’évangile d’aujourd’hui est limpide (Mt 25, 31- 46). Nous savons désormais où le Christ nous attend ! Permettez que je ne commente pas trop l’évangile, donc, si ce n’est par ce témoignage du bienheureux Charles de Foucauld, dans une lettre à son ami Louis Massignon, peu de temps avant sa mort (1916) : 

« Il n’y a pas, je crois de parole de l’Évangile qui ait fait sur moi une plus profonde impression et transformé davantage ma vie que celle-ci : « Tout ce que vous faites à un de ces petits, c’est à moi que vous le faites ». Si on songe que ces paroles sont celles de la vérité incréée, celles de la bouche qui a dit : « Ceci est mon corps… ceci est mon sang », avec quelle force on est porté à chercher et à aimer Jésus dans ces « petits », ces pécheurs, ces pauvres, portant tous ses moyens matériels vers le soulagement des misères temporelles ». 

Nous sommes tantôt du côté de ceux qui cherchent à soulager, tantôt du côté de ceux qui ont besoin d’être soulagés. Souvent, nous sommes des deux côtés ! Dans tous les cas nous sommes liés au Christ: il est le bon berger qui est venu à la recherche des brebis perdues, et il est devenu lui-même l’agneau de Dieu, en s’identifiant au dernier des derniers. 

Je vous invite à relire la vision saisissante de ce vrai pasteur qui est Dieu, qui sera Jésus, vision que nous offre la première lecture. C’est le prophète Ezéchiel qui voit cela (34, 11-17), lui qui est à Babylone, en terre d’exil, avec bon nombre de ses frères d’Israël, au VIe siècle avant Jésus Christ. Il n’y a plus le temple de Jérusalem, lieu par excellence de la présence de Yahvé. Les repères habituels qui soutiennent la foi du peuple sont brouillés. Les « bergers » du peuple que sont le roi et les prêtres ne sont plus efficaces. Mais Dieu se fait lui-même berger pour rejoindre les siens dans cette terre d’exil. Son bras ne s’est pas raccourci : 

« Ainsi parle le Seigneur Dieu :
Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis, 

et je veillerai sur elles. 

Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau
quand elles sont dispersées,
ainsi je veillerai sur mes brebis,
et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées 

un jour de nuages et de sombres nuées. 

C’est moi qui ferai paître mon troupeau, 

et c’est moi qui le ferai reposer, 

– oracle du Seigneur Dieu.
La brebis perdue, je la chercherai ; 

l’égarée, je la ramènerai.
Celle qui est blessée, je la panserai.
Celle qui est malade, je lui rendrai des forces. 

Celle qui est grasse et vigoureuse,
je la garderai, je la ferai paître selon le droit. 

Et toi, mon troupeau
– ainsi parle le Seigneur Dieu –,
voici que je vais juger entre brebis et brebis, 

entre les béliers et les boucs ». 

Nous pouvons transformer cette lecture en prière, chacun pour soi ou pour les personnes que nous aimerions rejoindre, que nous demandons au Seigneur de rejoindre en ces temps de brouillard et d’obscurité. 

Ainsi priait saint Ambroise de Milan (340-397) dans son commentaire du psaume 118 : 

Le Christ Berger ème (Rome, catacombe de Saint-Calixte, 3 siècle)

« Viens, Seigneur Jésus, cherche Ton serviteur ; cherche Ta brebis fatiguée ; viens, Berger … Ne prends pas de fouet, prends ton Amour ; viens avec la douceur de ton Esprit… Cherche-moi, Seigneur, puisque ma prière Te cherche. Cherche-moi, trouve-moi, relève-moi, porte-moi ! Celui que Tu cherches, Tu peux le trouver, celui que Tu trouves, daigne le relever, et celui que Tu relèves, pose-le sur Tes épaules. Ce fardeau de ton Amour n’est jamais trop lourd pour Toi. »

Quelques notes sur la confiance en cette période de désarroi (Père Bruno de Belloy)

La confiance reçoit son sens de « Tharrheo » avoir un bon courage, être hardi et de « Euthumos » être bien disposé, de bonne humeur. « Voici le Dieu de mon salut : j’aurai confiance et je ne tremblerai plus, car ma force et mon chant c’est le Seigneur, il a été mon salut » (Is 12. 2). 

« Malheureux l’homme qui se confie en l’homme… Heureux celui qui se confie dans le Seigneur » (Jr 17, 5-7). De cette maxime, Jésus achève de révéler l’exigence : il rappelle la nécessité du choix initial qui rejette tout autre maître que celui dont la puissance, la sagesse et l’autorité paternelle méritent une confiance absolue (Mt 6, 24-34). 

La confiance appartient à la vertu de force avec trois autres vertus sœurs, énumérées par Cicéron : la magnificence, la confiance, la patience et la persévérance. Ainsi, la confiance implique l’espérance de grandes choses ; il ne faut pas lâcher prise dans la réalisation de ce qu’on a entrepris avec confiance ; il ne faut pas que l’exécution recule devant un projet grandiose. « Vivre de la foi, c’est donc vivre de joie, d’assurance, de certitude, de confiance en tout ce qu’il faut faire et souffrir en chaque moment par l’ordre de Dieu », écrit le Père de Caussade (1675-1651) dans son petit traité sur l’Abandon à la Providence divine : « Il n’y a ni cœur, ni esprit créé qui puisse vous apprendre ce que cette action de vous abandonner à Dieu fera en vous ; vous l’apprendrez par l’expérience successive ». La foi est cette assurance audacieuse, joyeuse et fière (He 3,6). Ce qui compte, c’est de demeurer en Dieu, de fixer son cœur dans le Nom de Jésus, pour l’imiter et être trouvé fidèle à son retour.

Extrait d’une prière de confiance de saint Claude la Colombière (1641-1682)

Que les uns attendent leur bonheur, soit de leurs richesses soit de leurs talents ; que les autres s’appuient ou sur l’innocence de leur vie ou sur la rigueur de leur pénitence, ou sur le nombre de leurs aumônes, ou sur la ferveur de leur prière ; pour moi, Seigneur, toute ma confiance, c’est ma confiance même. Cette confiance ne trompa jamais personne. Je suis donc assuré que je serai éternellement heureux parce que j’espère éternellement de l’être et que c’est de vous, ô mon Dieu, que je l’espère. 

Je connais, hélas ! Et il n’est que trop vrai, combien je suis fragile et changeant ; je sais ce que peuvent les tentations contre les vertus les mieux affermies ; j’ai vu tomber les astres du ciel et les colonnes du firmament ; mais toutes ces chutes ne peuvent m’effrayer ; tant que j’espèrerai, je me crois à couvert de tous les malheurs, et je suis sûr d’espérer toujours parce que j’espère encore de votre libéralité cette invariable espérance. Enfin, je suis intimement convaincu que je ne puis trop espérer en vous et que ce que j’obtiendrai de vous sera toujours au-dessus de ce que j’aurai espéré ; ainsi, j’espère que vous m’arrêterez sur les penchants les plus rapides, que vous me soutiendrez contre les plus furieux assauts et que vous ferez triompher ma faiblesse de mes plus redoutables ennemis. 

J’espère que vous m’aimerez toujours, et qu’à mon tour, je vous aimerai sans relâche ; et pour porter tout d’un coup mon espérance aussi loin qu’elle peut aller, je veux espérer vous-même de vous-même, ô mon Créateur, et pour le temps et pour l’éternité. Amen. 

Saint Claude la Colombière canonisé en 1992 : Jésuite, confesseur de sainte Marguerite-Marie 

Né près de Lyon dans une famille bourgeoise, Claude entre à 17 ans dans la Compagnie de Jésus, les Jésuites. Dès sa profession solennelle en 1674, il est affecté au petit collège de Paray-le-Monial où il devient le confesseur du couvent de la Visitation. Il a 34 ans. La supérieure des Visitandines avait alors fort à faire avec une timide religieuse, Marguerite-Marie, qui croyait avoir reçu les confidences du Cœur de Jésus. Elle la confie au père la Colombière. Le prêtre et la moniale se comprennent tout de suite: « Je t’enverrai mon fidèle serviteur et parfait ami », avait dit Jésus à Marguerite- Marie. C’est ainsi que le jeune jésuite devient l’instrument par lequel le Christ va diffuser dans l’Église le culte de son Cœur transpercé, révélé à sainte Marguerite-Marie. Nommé en 1675 prédicateur de la duchesse d’York, il passe deux ans en Angleterre d’où il est banni à cause de calomnies. Accablé par la tuberculose, il retourne à Paray-le-Monial. Marguerite-Marie l’a préve- nu: « Notre-Seigneur m’a dit qu’il voulait le sacrifice de votre vie en ce pays. » C’est là qu’il meurt à 41 ans. Ses écrits expriment une belle harmonie entre la spiritualité de saint Ignace de Loyola et celle de saint François de Sales.